Coups de Gueule

A boire et à manger

Florilège de fin d'année

-Les fesses du chef
Nu sous son tablier,  le cuisinier (ou la cuisinière) vient faire la cuisine chez vous et assure, selon le site, une « prestation sur mesure » pour un enterrement de vie de garçon ou de jeune fille mais aussi un diner entre amis et même un petit déjeuner. Tout un programme avec « service tout compris ». www.cuisiniertresparticulier.com

-Eau millésimée
Que ne ferait-on pas pour vendre de l’eau en bouteille plus cher que le voisin ? Plus pure que pure, on a déjà donné. Dans une bouteille décorée pour Noël, toutes les marques le font. Organiser un lancement très chic dans un grand hôtel parisien, vu et revu. Alors, l’eau de Treignac propose une édition limitée, millésimée 2015 (même si nous sommes encore en 2014) : 2,95 € la bouteille de 75 cl dans les épiceries chics. N’importe quoi !

-Cocorico !
Depuis le pull marin de Montebourg, le Made in France ne connaît plus de limites. Certains whisky et gin se revendiquent français (hier, c’était un manque d’authenticité flagrant, aujourd’hui ce serait une qualité), quelques fruits exotiques mettent en avant leur naissance dans les DOM-TOM, d’autres sont pressés en France comme le jus de baobab… Jusqu’aux œufs qui se vantent désormais d’être « pondus  en France » selon une charte d’engagement qui valorise le savoir-faire (de la poule) ? Qui se doit être une « poule heureuse » chez Cocorette. Émotion. Le moment d’ouvrir une bouteille d’un bon petit cru de derrière nos fagots avec un tire-bouchon qui joue la Marseillaise dès que l’on introduit la mèche dans le bouchon. Malheureusement, cet objet franchouillard est fabriqué… en Chine, les responsables n’ayant « pas trouvé » de fabricant en France. Dommage ! www.idlogia.fr

-Trophée curieux
Le très talentueux Jean Delaveyne, chef étoilé de Bougival qui fut l’as des sauces et des jus, doit se retourner dans sa tombe : au dernier Equip’Hotel, salon professionnel international, son nom a été donné à un concours culinaire prétendument « au niveau d’excellence, considéré comme l’antichambre du concours des Meilleurs Ouvriers de France ». Thème de l’épreuve du plat : filet et paleron de bœuf irlandais de qualité certifiée, truffe noire et… sauce demi-glace Naturels Chef et jus de bœuf en flocons Chef, deux produits industriels tout prêts fournis par Nestlé. Question : à quoi sert d’être un grand chef pour utiliser des produits en poudre ? Où est la créativité dans cet exercice ? Dans l’art de dissimuler l’usine derrière un pseudo « fait maison » ? Étonnement, c’est un chef de partie de la Présidence de la République qui a gagné.

-Site qui pique
Le paradis pour les palais en béton qui aiment les plats très épicés ! Ce site ne vend que des sauces qui piquent, venues de toute la planète : 300 références pour allumer le feu dans la bouche des gourmands de sensations. Du classique Tabasco dans toutes ses versions aux sauces barbecue les plus sophistiquées. www.sauce-piquante.fr

-La folie des dosettes
Ou l’art de « valoriser » les ingrédients de base et de vous les faire payer trois ou quatre fois plus cher. Alors que les meilleurs crus d’Éthiopie culminent à 20/25 € et qu’un bonne machine expresso permet un parfait petit noir à partir de café en grains ou moulu, le prix des dosettes de café monte allègrement entre 60 et 80 € le kilo pour un produit dont on ignore d’ailleurs l’origine ! Il y a aussi le gros sel parfumé d’un soupçon de piment, curcuma, gingembre ou autre et vendu dans un petit boite au prix d’une épice rare ou presque. C’est au tour de la farine avec dosettes de 100 g à 0,90 € l’unité (soit 9 € le kilo) proposées par les Moulins Decollogne : ça fait cher le gâteau ! D’autant qu’il suffit de mesurer avec le verre doseur de grand-maman. « Innovation qui répond aux attentes des consommateurs » ou à celles  des vendeurs ?

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Pas vu à la télé par Michel Dovaz

N’importe quoi baptisé Sidi Brahim

Ce matin, j’irai prendre le café au bistrot du coin. On peut consulter le journal  local. Dans les petites annonces, je découvre une Ferrari proposée à 10.000 Euros.. C’est pour rien. Cela vaut le déplacement.. En banlieue, un petit pavillon et le garage à coté. Dans le garage, un voiture rouge. Sur le capot se détachent les lettres (en acier ?) FERRARI  comme sur une Daytona et en dessous, le fameux Cheval Cabré. A l’arrière, une signature : PininFarina. En fait, ce doit être une Renault Twingo trafiquée. Je fais part de mon doute au propriétaire qui s’emporte :
« -Quoi, vous ne connaissez pas les Citroën-Masserati, les Renault-Gordini. Et bien moi, je vends une Renault-Ferrari ». Le ton monte, je décroche et me souviens que je voulais acheter deux bouteilles de « Sidi Brahim ». Je m’arrête chez un caviste et lui demande si il détient un vin rouge algérien célèbre, le Sidi Brahim . Il me répond qu’il en a, mais qu’il n’est pas algérien, mais tunisien. Je m’empare d’une bouteille et reconnais le graphisme de l’étiquette. J’achète mes deux bouteilles pour moins de dix Euros alors que le caviste m’explique que merlot et cabernet sont à l’origine de ce vin. Deux cépages « internationaux » très à la mode, à l’opposé du robuste carignan, du grenache, et du cinsault, gloire du Sidi Brahim d’autrefois…Il faut que je rentre à la maison, ma femme doit revenir aujourd’hui après un séjour de deux mois en Indochine. A peine avais-je mis le Sidi Brahim au frais que l’on sonne. J’ouvre : - Madame ?…
-   Comment chéri, tu m’appelles Madame ?
-   Excuse-moi, tu pars, plutôt ronde avec des cheveux d’ébène, tu reviens svelte à la blondeur diaphane. C’est à croire que les nems aux insectes ne sont pas nourrissants.
-   Bon, on verra . Je prends une douche, prépare un verre de retrouvailles, du champagne ?
Je vais à la cuisine. Je vois une bouteille vide :un coteau champenois, Bouzy rouge 2005 de Jean Vessselle. Je débouche le Sidi Brahim qui est frais et le transfère dans la bouteille ayant contenu le Bouzy.. Il n’est plus ce qu’il était et vient d’ailleurs, je lui donne une identité. Abusive, mais c’est mieux que rien. La conversation s’engage :
-  Alors, ce voyage en Indochine ?
-  Mais non on ne dit pas Indochine, j’étais au Viet Nam
-  Première nouvelle, tu étais tout de même à Saigon ?
-  Mais non, maintenant on dit Hô Chi Minh-Ville
-  Cela devient compliqué, buvons plutôt ce Bouzy rouge, du champagne sans bulles…
Je vais me coucher, la journée a été dure. J’ai vu une Ferrari qui était une Renault, du Sidi-Brahim tunisien tendance bordeaux transformé en Bouzy, ma femme que je ne reconnaissais pas et il faut réapprendre la géographie. Demain, je ne sais pas si je me reconnaîtrai..
MD

Sidi Brahim
Sidi-Brahim est une marque, elle a été reprise par le groupe Castel en 2003 Une marque est un « espace de liberté » comme on dit en français contemporain. Le vin (administrativement « Vin de table) doit être « loyal et marchand ». D’où vient-il, ? de quels cépages ? etc  Le propriétaire de la marque est seul maître à bord.. Il n’y a donc aucun rapport entre le Sidi-Brahim d’aujourd’hui et celui de 1924 (le premier, qui était algérien), ni le Sidi-Brahim qui fut marocain avant de devenir tunisien. On peut toujours situer le vignoble sur les « contreforts de l’Atlas », une chaîne de montagne qui s’étend dans les trois pays (2400 km) !
Il existait un Sidi Brahim rosé (carignan, grenache, aramon), le new Sidi Brahim rosé est issu de grenache et de Syrah (autre cépage à la mode). Enfin, sans doute dans l’espoir de « ratisser large » un Sidi-Brahim (blanc) inédit est inventé. Le chardonnay, autre cépage à la mode est mis à contribution.. Il est consternant qu’une maison richissime manque à ce point d’imagination et se soumette banalement à la facilité la plus commune.(et méconnaisse le génie du cépage qu’on ne plante pas n’importe où)
Dernier détail : cette marque est la seule qui porte le nom d’une bataille perdue par l’armée française ; mais après un combat héroïque inégal : 450 français  opposés aux 10.000 hommes d’Abd El Kader  (23-26 septembre 1846 - coté français : 11 survivants).

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Anahi à Paris

Cherchez le boeuf argentin

 

D'un côté, c'était une bonne vieille adresse argentine à Paris, de l'autre, une des premières à ouvrir dans la très mythique Jeune Rue imaginée par Cédric Naudon, monsieur plein d'énergie qui veut offrir aux Parisiens une "nourriture plus saine". Deux raisons pour aller diner à l'Anahi, toujours au coin de la rue Volta dans ses céramiques d'ancienne boucherie, avec ses tables serrées et ses chaises bistrot, au dossier désormais argenté. Malheureusement, le boeuf argentin a été supplanté par de la normande, les charcuteries sont basques et le pain bien parisien. Quant aux vins, trois ou quatre argentins seulement sur la carte dont un manquant (le moins onéreux à 26 € la bouteille). Certes, la salade de lentilles est délicieuse et les empanadas croustillantes et goûteuses à souhait mais le poisson du ceviche brûlant de piment (quelque chose à cacher ?) semblait manquer de fraîcheur comme le boudin de caractère. Et le pastel de choclo... n'est plus ce qu'il était. Trop loin l'Argentine ! Ajoutez le manque de professionnalisme du service qui n'a d'équivalent que sa prétention et la carafe d'eau obligatoirement filtrée et payante : voilà une adresse à rayer... pour l'instant ! Alors, je ne vous la donne pas, d'autant que l'addition est assaisonnée, elle aussi. E.M.

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Cuisine autrichienne

Petite mise au point gourmande

Après avoir consulté avec plaisir le "programme" de la semaine autrichienne dans quelques restaurants alsaciens http://www.julienbinz.com/C-est-la-semaine-autrichienne-dans-les-Restaurants-Alsaciens_a5188.html, notre collaboratrice et amie, Barbara Hutter, journaliste à Vienne, nous a fait quelques remarques à prendre sans animosité, juste par gourmandise."C'est assez marrant, comment ils ajoutent des goût là où il ne faut pas : peut être la peur d'avoir un plat trop fade ? On sert jamais la tranche de boeuf bouilli avec un rösti au fromage et lardons qui casserait complètement le goût qui joue entre le boeuf, la purée de pommes (fruits) au raifort et la sauce à la ciboulette. Il faut des pommes de terre sautées (avec un peu d'oignon) et basta. Autre chose : un goulash ne se sert jamais ni aux poivrons (qui font joli mais détournent le plat) ni aux pommes écrasées mais aux pommes vapeur ou avec un knödel (boulettes de pain cuit à l'eau) qui s'imbibent bien de la sauce au paprika. Pourquoi cette manie de fabriquer des strudel avec une pâte feuilletée ? C'est une erreur, due peut-être à ceux qui n'ont pas le temps de faire une pâte à strudel correcte, qui ressemble plutôt à la pâte filo. Bref, la semaine autrichienne en Alsace, c'est une bonne idée, malheureusement réalisée ici sans trop de recherche. Les Autrichiens ont des très bons plats, il n'est pas necessaire de tomber dans les clichés touristiques". Peut-être faudrait-il juste un bon livre en français sur la cuisine autrichienne ? Avis aux amateurs.

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Pas doux les prix des douceurs

Mais où va-t-on s'arrêter ?

Après des bûches de Noël dont les prix ont grimpé aux arbres :  jusqu’à 250 € la bûche pour 10. Après les galettes faites pour ceux qui en ont beaucoup : jusqu’à 40 voir 45 € pour 6/8. Après les gâteaux individuels qui valent autant que deux et même trois : 7,50 € pour un millefeuille qui demande un gros portefeuille. Voilà les bouchées au chocolat en or : un cœur à partager à deux soit 120 g pour 30 € ce qui nous amène à … 250 € du kilo ! Certes, ces cœurs sont signés Alain Ducasse, tout comme la bûche l’était de Pierre Gagnaire et le millefeuille de Pierre Hermé. Le même Pierre Hermé propose pour la Saint Valentin un coeur Ispahan pour 2/3 (c'est qi le troisième ?) à modestement 35 €. Pas donné le dessert des amoureux ! Certes les prix du chocolat et des amandes ont flambé mais, tout de même ! Il va falloir être de plus en plus riche pour s’offrir un peu de douceur dans ce monde de brutes. A moins… de se mettre en cuisine et de retrouver les recettes des gâteaux de grand-mère. Vous en trouverez un bon nombre sur notre site http://www.guidedesgourmands.fr/la-cuisine-des-gourmands_46.html
Les adresses
www.lechocolat-alainducasse.com
www.pierreherme.com

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Toujours plus cher, toujours plus déroutant !

Salade inabordable et pizza blanquette

Nouvelle huile d'olive grecque vendue -dans un flacon de parfum !- au Lafayette Gourmet à ... 60 € les 25 cl ce qui nous fait tout de même 240 € le litre ! Mais il parait, d'après le dossier de presse, que "grâce à sa saveur fruitée, elle se marie à toutes les cuisines". On n'arrête pas le progrès !
Rien à voir mais tout aussi étonnant : les créations de Yannick Delpech, pour la Boîte à Pizza : souhaitant marier tradition et innovation, ce talentueux jeune chef, a imaginé une pizza à la blanquette de volaille (avec du provolone et des noisettes) et une autre au boeuf Strogonoff ! Et pourquoi pas une Pizza au Ronron... pour le chat ?

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Halte aux emballages ruineux !

Depuis quelques années, certains produits alimentaires sont devenus des “cadeaux”...

Depuis quelques années, certains produits alimentaires sont devenus des “cadeaux” non par leur qualité propre mais grâce à leur emballage qui, dans la plupart des cas, disons-le franchement, finit à la poubelle car il n’est pas facilement rechargeable.Or, ces emballages coûtent cher à l’achat mais il faut encore les éliminer. Est-ce bien raisonnable ? D’un point de vue écologique, sûrement pas. Et d’un point de vue gourmand, on peut préférer l’efficacité technique (huile mise à l’abri de la lumière et de l’air, pot de moutarde refermable et étanche…) à une esthétique compliquée souvent discutable d’ailleurs.

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Plus de 178 € le kilo de sel !

Ce joli coffret en bois un flacon de Fleur de Sel de l'Ile de Ré et un flacon de Caviar de Sel...

Ce joli coffret en bois un flacon de Fleur de Sel de l'Ile de Ré et un flacon de Caviar de Sel aux saveurs fruitées de sauvignon blanc pour animer la table. Idéal pour accompagner et relever poissons et fruits de mer. Et aussi un cadeau gourmand original !
Sel de Vin 25 € le coffret de 2 flacons de 70 g.

www.seldevin.fr

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160 € le litre d’huile d’olive !

Chère la salade ! Mais il est vrai qu’avec un flacon spray (comme un parfum) , on en met moins dans l’assiette...

Chère la salade ! Mais il est vrai qu’avec un flacon spray (comme un parfum) , on en met moins dans l’assiette. Reste que cette huile tirée de la salonenque est très séduisante avec ses arômes d’herbe fraîche et sa finale ronde. Pour maniaques du régime ne voulant pas abuser de la matière grasse sur leurs petits légumes. Château d’Estoublon, flacon spray 10 cl, 16 €

Qui dit mieux ? Le nouveau petit flacon spray à étoiles est encore plus onéreux : 13 € les 5 cl ce qui nous met l’huile à 260 € le litre. Un vrai luxe !

www.estoublon.com

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Humeur…

La gourmandise, on le sait bien, n’a guère de limite. De là créer un site de recettes pour nos amis canins, il y a un sacré pas qu’une société faisant son commerce sur les animaux de compagnie vient allègrement de franchir ! Elle proposait déjà un magazine en ligne “pour être au fait des dernières tendances en matière de mode et de beauté pour les chiens”, un service de conseils vétérinaires, “le plus grand choix de prêt-à-porter pour animaux“ avec quelques 1500 références allant jusqu’aux tee-shirts, aux robes et aux chaussures, sans oublier “la gamme la plus large de produits pour furets”… La voilà qui se lance dans les recettes, tant salées que sucrées, en promettant d’ici peu un concours de cuisine ! Il nous tarde de connaître la composition du jury…

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Les Coqs d'Or 2015

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Du neuf en boutique : gourmandise absolue

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